L’APECITA vous parle du secteur agroalimentaire

Entretien avec l'association destinée aux candidats, recruteurs et professionnels de la formation
L'agroalimentaire, un secteur méconnu du grand public mais pourtant incontournable pour l'équilibre économique du pays : perspectives d'emploi, formations etc.
Tour d'horizon de ce secteur avec l'APECITA !

Pouvez-vous nous présenter l’Apecita ? Son rôle ?

L’APECITA est une Association Paritaire, créée il y a 64 ans, pour l’Emploi des Cadres Ingénieurs et Techniciens issus des secteurs de l’Agriculture, l’Agroalimentaire et l’Environnement.

En complément de la diffusion d’offres d’emploi sur les sites www.apecita.com , spécialisé en agriculture, et www.jobagroalimentaire.com , spécialisé en agroalimentaire, l’Apecita propose un panel de services dédiés aux entreprises et aux candidats :

  • Pour les candidats de tous niveaux c’est la possibilité de réaliser des bilans de compétences, de bénéficier d’un accompagnement individuel à la recherche d’emploi avec une aide à la mise en forme de son CV, et de sa Lettre de Motivation. On propose également une simulation d’entretien, suivie d’un bilan d’orientation ou d’un bilan professionnel pour vérifier la potentialité de son projet. Des ateliers collectifs centrés sur le CV, la lettre de motivation, les entretiens de recrutement, la constitution de réseaux socioprofessionnels et la création d’entreprises ont été mis en place.
  • Les entreprises TPE et PME peuvent bénéficient d’un appui au recrutement comprenant : la rédaction de l’offre, la définition de profils, la présélection des candidats, la participation aux entretiens de recrutement, la création de tests de personnalité. Nous pouvons, par ailleurs, organiser des Job dating.

 

Quelle est la situation actuelle du secteur de l’agroalimentaire ?

L’agroalimentaire constitue le premier secteur industriel français aussi bien en termes de chiffre d’affaires que d’emplois. En 2016, les 17 647 entreprises du secteur ont réalisé un chiffre d’affaires de 172 milliards d’euros et employaient 427 213 personnes réparties sur tout le territoire national.

Les industries alimentaires ont permis de créer 10 864 emplois depuis 3 ans *.

L’agroalimentaire joue un rôle clé dans l’aménagement et la vitalité du territoire puisqu’il transforme 70% de la production agricole française. Le secteur constitue également un précieux soutien à la balance commerciale du pays puisqu’il a généré un excédent commercial de 7,2 milliards d’euros.

 

Quels sont les typologies de profils les plus recherchées du secteur ?

Très variable en fonction des besoins, mais les Bac +2 sont recherchés car souvent pénuriques.

 

Pouvez-vous nous donner les 3 régions qui proposent le plus d’emploi stable dans l’agro ?

Dans l’agroalimentaire, la France est le premier pays européen en nombre d’entreprises, cela est notamment dû à l’artisanat commercial qui représente environ 44 000 entreprises, et le deuxième pays européen en nombre de salariés. Sur le territoire, la répartition des entreprises est hétérogène, et 3 régions se démarquent, dépassant les 2000 établissements :

  • La région Auvergne Rhône Alpes qui compte 2527 entreprises agroalimentaires
  • L’Occitanie qui en compte 2496
  • Et la Nouvelle Aquitaine qui représente 2473 entreprises

Toutefois, le maillage très dense d’établissements ne signifie pas pour autant des effectifs de salariés plus important. De ce côté-là, ce sont la Bretagne et les Pays de la Loire qui sont les deux régions employant le plus de salariés dans l’agroalimentaire, respectivement 58 209 et 47 297 salariés. Une caractéristique logique puisque, par son lien étroit avec la production agricole, l’agroalimentaire est notamment présent en milieu rural. Ceci étant, la réforme territoriale ayant redessiné les régions a abouti à une situation relativement équilibrée, faisant des industries agroalimentaire un secteur incontournable dans tous les territoires de l’Hexagone.

 

Quels sont les métiers les plus pénuriques du secteur ?

Parmi les secteurs d’activité les plus dynamiques et qui recrutent en permanence, on retrouve l’industrie de la viande qui représente 26,3% des emplois en équivalent temps plein, suivi de l’industrie laitière à 14,7%, de la boulangerie-pâtisserie et pâtes alimentaires à 11,5%, de l’industrie des boissons à 11,1% et pour finir de l’industrie des aliments pour animaux à 4,5%.

Les métiers de la maintenance et de l’automatisation ont beaucoup de mal à recruter sur des postes d’ouvriers à un niveau Bac ou des postes de techniciens à Bac +2/3. C’est également le cas sur les métiers de la fabrication comme les postes de conducteur de ligne ou de chef d’équipe. On constate aujourd’hui que le métier de commercial commence à connaitre quelques tensions.

 

Quelle est la part des jeunes ? Existe-t-il des dispositifs en place pour les attirer ?

La branche professionnelle est identifiée comme étant ouverte aux jeunes, d’avenir, formatrice et innovante, mais les conditions de travail parfois « difficiles » comme le travail au chaud ou au froid, les horaires décalés etc. n’attirent pas forcement les jeunes qui restent faiblement représentés.

 

Quels sont les formations reconnues dans ce secteur ? Et lesquelles sont les moins plébiscités ?

Les structures apprécient particulièrement les Bac+2 par alternance, mais on ne peut pas parler de formations plébiscitées.  Le niveau de formation doit être adapté à la fonction du poste.

De fait, selon le poste occupé et les responsabilités qui s’y rattachent, l’agroalimentaire recrute des niveaux CAP à Bac+5. À titre d’exemple, les postes opérationnels en production visent davantage les niveaux CAP à Bac+2 alors que ceux de la recherche et du développement s’adressent principalement aux Bac+2/Bac+5.

Concrètement, les besoins changent progressivement et évoluent différemment selon la typologie des entreprises. Par exemple, les TPE/PME demandent aux salariés d’être polycompétents et adaptables. Certaines structures recherchent, quant à elles, des coordinateurs au niveau organisationnel et technique, à l’interface de toutes les composantes de l’entreprise.

 

Selon Pôle Emploi, nous constatons que la majorité des emplois de l’agroalimentaire sont des emplois saisonniers (80%), y a-t-il réellement des emplois stables ?

La saisonnalité touche principalement le secteur agricole, mais il existe aussi une saisonnalité liée à certaines activités de transformation en agroalimentaire, même si celle-ci est beaucoup moins marqué, notamment en période de fêtes de fin d’année avec le saumon, les huitre, les salades en sachets etc. ou dans le domaine de la conserverie et l’industrie sucrière.

 

Comment visualisez-vous le secteur de l’agroalimentaire dans les dix prochaines années ?

Le secteur agroalimentaire a un bel avenir devant lui, grâce à sa diversité, ses innovations etc. Le secteur est soutenu et porté dans son évolution par les notions de naturalité, de mieux manger, de bien être, qui se développent chez les consommateurs et qui créent de nouveaux besoins.

Le point limitant risque d’être l’attractivité que le secteur peine à développer auprès des jeunes.

 

* sources : Agreste 2014 et Acoss 2016

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