Si j’étais une femme ailleurs dans le monde quelles seraient mes conditions de travail ?

Arabie Saoudite, Norvège, Chine, Afrique du Sud, États-Unis, Brésil : Tour d’horizon des conditions de travail des femmes à travers le globe.
Entre 2007 et 2017, autour du globe, on observe une augmentation de 18% du nombre de femmes déclarant avoir du travail. Elles sont à présents 200 millions de femmes actives à travers le monde. Selon un rapport de la Banque mondiale réalisé en 2016, sur 173 pays étudiés, 155 disposent à minima, une loi empêchant les femmes d’accéder au libre emploi.

Si j’étais née en Arabie Saoudite

Je serais confrontée à un éventail de restrictions. Dans un premier temps je serais obligée de demander l’autorisation de travailler à mon « chef de famille » : le père ou le frère, puis une fois mariée, le mari. Une fois l’autorisation obtenue, je ne pourrais pas exercer n’importe quel métier, en effet n’ayant pas le droit de communiquer avec des hommes hors de mon cercle familial, l’accès à tous les métiers nécessitant un contact avec le public me sera refusé. Une fois l’emploi trouvé, mon contrat de travail devra être validé par mon chef de famille, il pourra par ailleurs me refuser le droit d’ouvrir un compte bancaire s’il le souhaite, et ainsi gérer lui-même mon salaire. Si l’entreprise qui m’emploie, est composée aussi bien de femmes que d’hommes, je serais séparée de ces derniers. Cette restriction s’applique également aux transports en commun, où des plages horaires sont réservées en fonction des sexes. Pour éviter les inconvénients des transports je devrais attendre le mois de juin de cette année pour avoir enfin le droit de conduire, en effet l’Arabie Saoudite était jusqu’ici le seul pays au monde à interdire aux femmes de prendre le volant. Quant à mes perspectives d’évolution, celles-ci seront malheureusement très limitées puisque je ne pourrais prétendre occuper un poste supérieur à celui d’un homme et une fois maman, la société ne me facilitera pas les choses pour concilier l’éducation de mes enfants et ma carrière avec notamment un congé maternité de seulement 9 semaines, un des plus courts au monde.

 

Si j’étais née en Norvège

Dans la vie politique comme dans la vie personnelle, la parité est un élément important dans les sociétés scandinaves. Si j’étais norvégienne, je pourrais exercer sans problème un poste à responsabilités, voire même faire partie des 44% de femmes qui composent le gouvernement, et avoir une vie de famille épanouie grâce à un système généralisé de garde des enfants qui octroie aux hommes 6 mois de congé paternité avec une compensation salariale de 100 %. Le modèle des pays scandinaves allie donc féminisme et bien être, néanmoins un point crucial reste à améliorer puisque l’égalité salariale n’est toujours pas acquise.

 

Si j’étais née en Chine

L’expansion fulgurante de la Chine a fait naître un fossé économique entre les villes et les campagnes. Si j’étais née en ville, je n’aurais aucun mal à accéder aux études supérieures et par la suite à une belle situation mais dans le cas contraire, je serais sûrement cantonnée à des emplois précaires et bien évidemment sous-payés voire non déclarés à moins de déménager en ville et donc participer à la désertification, déjà massive des campagnes. En poste, je travaillerais 1h de plus par jour que mes homologues masculins, pour un salaire 30% moins élevé. Et de retour à la maison, je passerais la majeure partie de mon temps libre à assumer les tâches quotidiennes (cuisine, ménage, courses etc.). J’aurais, dans l’absolu, accès aux postes à responsabilités mais avec difficulté dans un pays qui a tout de même considéré la femme comme l’inférieure de l’homme pendant des centaines d’années. Passé 30 ans, si je ne suis pas mariée et si je n’ai pas d’enfants, je serais considérée comme une marginale, dans le cas contraire, si je travaille encore en ayant une famille je serais mal vue par une société qui estime que les deux ne sont pas compatibles et que les femmes doivent faire un choix entre leur carrière et leur vie familiale. Mais si je choisissais de me consacrer à ma carrière, je ferais peut-être partie des 6 chinoises milliardaires sur 10 femmes entrepreneures dans le monde.

 

Si j’étais née en Afrique du Sud

Dans un pays post apartheid, qui n’a pas encore surmonté tous les changements induits par l’ouverture et la modernisation de son économie, j’aurais de grandes chances d’être au chômage, d’autant plus si j’étais noire, avec un taux d’actifs de 47% dont la majeure partie occupe des emplois précaires ou saisonniers. Si j’étais sud-africaine, j’aurais peu de chances de faire partie des 28% de femmes qui occupent un poste de management et j’aurais sans doute des réticences à me lancer en tant qu’auto-entrepreneur puisque seulement 1,7% des femmes de mon pays ont réussi dans cette voie. Cependant, je pourrais sans problèmes occuper un poste considéré jusqu’à lors comme typiquement masculin et faire partie des 41% de femmes qui composent le Parlement contre 2,7% durant l’apartheid.

 

Si j’étais née aux États-Unis

Je gagnerais 78,6% seulement de ce que gagnent les hommes pour un travail égal. A la naissance de mon premier enfant, j’aurais droit à un congé maternité de 12 semaines non rémunéré à partir du moment où mon entreprise embauche plus d’une cinquantaine d’employés. Je serais obligée de dépenser une fortune pour faire garder mon enfant jusqu’à ces cinq ans, l’âge légal pour entrer à l’école, ou bien, face à de nombreux employeurs ne facilitant pas la vie aux mamans en leur demandant de travailler jusqu’à 60h par semaine tout en étant joignable à n’importe quel moment, faute de temps et d’argent je finirais par jeter l’éponge et abandonner ma carrière comme de nombreuses américaines avant moi. Rappelons qu’environ 1 américaine sur 3 vis en deçà ou au niveau du seuil de pauvreté.

 

Si j’étais née au Brésil

Avec une femme élue deux fois à la présidence du pays, on pourrait penser que le Brésil est un précurseur en matière de droits des femmes mais la réalité est tout autre. Si j’étais née au Brésil, je toucherais 68% du salaire d’un homme à un poste équivalent au mien. Je vivrais dans un pays où 71% des femmes ont un emploi précaire, rémunéré à 25% du salaire minimal. J’exercerais probablement, comme 7,2 millions de brésiliennes, un poste d’employée de maison. J’aurais peu de chances, au sein d’une entreprise, de faire partie de la direction puisque 70% d’entre elles ne comptent aucune femme à ce type de poste. Culturellement je serais, contrairement à mes collègues du sexe masculin, fortement jugée sur mon apparence et mon attitude. Néanmoins grâce à l’instauration d’un congé paternité, je pourrais, si je souhaite avoir des enfants, concilier vie professionnelle et familiale avec aisance et pourquoi pas participer à l’évolution du nombre de femmes entrepreneures dans mon pays.

 

Si j’étais née en France

Et bien il se trouve que j’y suis née et que question parité nous ne sommes ni les plus mauvais élèves, ni les meilleurs. Nous sommes classés 11ème du classement sur l’égalité hommes femmes du Forum économique mondial sur 144 pays. Malheureusement la majorité des offres d’emploi promises aux femmes se concentrent, en général, sur des secteurs moins rémunérateurs. Un salaire plus bas que nos collègues hommes, moins de primes allouées par les entreprises, mais également une précarité dominante tout au long de notre carrière ont été remarquées et pointées du doigt par les diverses études menées ces dernières années.

 

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C’est le nombre d’années à attendre pour une parité universelle à en croire le dernier rapport du Forum économique mondial. Cet écart se creuse au fil du temps, puisqu’il n’était “que” de 170 ans en 2016

Et si on n’attendait pas un siècle ? Si la parité économique était atteinte aux environs de 2025, le Forum économique mondial révèle que plus de 5 000 milliards de dollars seraient ajoutés au PIB mondial, dont 1 750 milliards de dollars au PIB américain et 320 milliards au PIB français.

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